Que signifie l’infertilité féminine ?
L’infertilité désigne une difficulté à obtenir une grossesse après une période de rapports sexuels réguliers non protégés. En pratique, la HAS retient une absence de grossesse après plus de 12 mois, quel que soit l’âge. Une exploration peut être proposée après 6 mois dès 35 ans chez la femme ou dès 45 ans chez le partenaire masculin, lorsqu’un facteur de risque est connu ou lorsqu’une maladie susceptible d’altérer la fertilité est déjà identifiée. Dès 40 ans chez la femme, la HAS prévoit une orientation sans délai vers un spécialiste de la reproduction.
L’expression " infertilité féminine " décrit les facteurs liés à la partenaire féminine. Cependant, l’infertilité concerne le couple ou les personnes engagées dans un projet de conception. Elle peut être d’origine féminine, masculine, mixte ou rester inexpliquée malgré le bilan initial.
Trois repères utiles
- 12 mois : délai généralement retenu avant d’explorer une absence de grossesse.
- 6 mois : délai d’exploration proposé dès 35 ans chez la femme ou dès 45 ans chez le partenaire masculin ou en présence d’un facteur de risque. Dès 40 ans chez la femme, l’orientation spécialisée est proposée sans délai.
- 10 à 25 % : proportion estimée de cas d’infertilité dans lesquels aucune cause spécifique n’est retrouvée après le bilan initial, selon l’Inserm.
Les principales causes de l’infertilité féminine
Les causes d’infertilité ne sont pas toujours isolées. Plusieurs facteurs peuvent coexister, et certains bilans ne retrouvent pas d’anomalie clairement responsable.
Les troubles de l’ovulation, dont le SOPK
L’ovulation correspond à la libération d’un ovocyte (cellule reproductive féminine) par l’ovaire. Elle peut être irrégulière ou absente dans certaines situations hormonales.
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), désormais appelé syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), est une cause fréquente de troubles de l’ovulation. Il peut être associé à des cycles irréguliers, à une hyperandrogénie, c’est-à-dire un excès d’hormones androgènes, ou à des signes échographiques. Ces éléments ne sont pas présents de la même manière chez toutes les femmes.
La fertilité peut être diminuée lorsque l’ovulation devient rare ou imprévisible. Le bilan cherche alors à préciser le fonctionnement ovarien et hormonal.
L’endométriose
L’endométriose correspond à la présence de tissu semblable à l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus, en dehors de la cavité utérine. Certaines formes peuvent atteindre les ovaires, les trompes ou le péritoine, la membrane qui recouvre les organes de l’abdomen.
L’endométriose peut être associée à une infertilité, notamment lorsque les lésions modifient l’anatomie pelvienne ou touchent les ovaires. Elle peut aussi être découverte au cours d’un bilan réalisé pour des difficultés à concevoir.
Les douleurs ne suffisent pas à évaluer l’impact de la maladie sur la fertilité. Le bilan prend en compte les symptômes, l’imagerie, la réserve ovarienne et le projet de grossesse.
L’adénomyose
L’adénomyose correspond à la présence de tissu endométrial dans le muscle de l’utérus. Elle peut être associée à des règles abondantes, à des douleurs ou à une difficulté à concevoir, mais ces manifestations ne sont pas constantes.
Les données sur son impact précis sur la fertilité restent hétérogènes. Dans leurs recommandations de 2017, la HAS et le CNGOF indiquent notamment que le diagnostic et les populations étudiées ne sont pas toujours homogènes, ce qui limite les conclusions générales sur les résultats de la fécondation in vitro (FIV).
La diminution de la réserve ovarienne
La réserve ovarienne correspond au nombre de follicules présents dans les ovaires, de petites structures contenant chacune un ovocyte. Elle diminue avec l’âge, avec une évolution plus marquée à partir de 35 ans et après 40 ans selon la HAS.
Le dosage de l’AMH, l’hormone anti-müllérienne, peut contribuer à évaluer cette réserve dans certaines situations. Il ne constitue pas, à lui seul, une explication complète des difficultés à concevoir. Son interprétation dépend du contexte médical, de l’échographie et des autres résultats du bilan.
Une réserve ovarienne diminuée ne décrit pas directement la qualité de chaque ovocyte. Elle ne permet donc pas de résumer toute la fertilité d’une personne à un seul chiffre. L’AMH ne permet pas, à elle seule, de prédire les chances de grossesse naturelle.
Les facteurs tubaires et utérins
Les trompes de Fallope permettent la rencontre entre l’ovocyte et les spermatozoïdes, puis le déplacement de l’embryon vers l’utérus. Une obstruction ou une altération des trompes peut gêner ce parcours.
Les facteurs tubaires peuvent être associés à une ancienne infection, une salpingite (infection des trompes), une endométriose ou une intervention chirurgicale. Du côté de l’utérus, un fibrome, un polype, une malformation ou une anomalie de la cavité utérine peuvent également être recherchés.
Comment se déroule le bilan de fertilité ?
Le bilan ne repose pas sur un examen unique. La HAS recommande une exploration progressive, centrée sur les deux partenaires lorsqu’il existe un couple, puis une orientation vers une équipe spécialisée si nécessaire.
1. L’entretien médical et l’examen clinique
La première consultation aborde notamment :
- l’âge et la durée du projet de conception ;
- la régularité des cycles et les signes évocateurs d’un trouble de l’ovulation ;
- les douleurs menstruelles, les antécédents d’endométriose, de SOPK, d’infection ou de chirurgie ;
- les traitements en cours, les antécédents médicaux et les éléments pouvant influencer la fertilité.
Le bilan concerne aussi le partenaire masculin lorsqu’il y en a un. Le spermogramme, qui analyse le sperme, fait partie des examens de première intention pour rechercher un facteur masculin associé.
2. Les dosages hormonaux
Selon les éléments recueillis, le médecin peut demander des dosages de TSH, FSH, LH, estradiol, progestérone ou prolactine. Ces examens explorent le fonctionnement de la thyroïde, de l’ovaire et de l’axe hormonal qui contrôle l’ovulation.
Le moment du prélèvement dépend de l’hormone étudiée et du cycle menstruel. L’AMH peut être prescrite lorsqu’une diminution de la réserve ovarienne est suspectée ou lorsqu’une AMP est envisagée.
3. L’échographie pelvienne
L’échographie pelvienne, souvent réalisée par voie endovaginale (avec une sonde introduite dans le vagin), permet d’observer l’utérus et les ovaires. Elle peut rechercher des fibromes, des polypes, des kystes, des malformations, des signes de SOPK ou certaines formes d’endométriose.
Elle contribue également à l’évaluation de la réserve ovarienne grâce au comptage des follicules antraux, les petits follicules visibles à l’échographie, selon les indications médicales.
4. L’évaluation des trompes et de la cavité utérine
L’hystérosalpingographie est un examen radiologique qui étudie la cavité utérine et la perméabilité des trompes grâce à l’injection d’un produit de contraste. Une hystéroscopie permet d’observer directement l’intérieur de l’utérus, notamment si l’échographie montre une anomalie. Elle ne remplace pas le test vérifiant que les trompes ne sont pas obstruées.
Le choix des examens dépend des symptômes, des antécédents et des premiers résultats. Tous les examens ne sont donc pas réalisés systématiquement.
Quelles sont les pistes de prise en charge ?
La prise en charge dépend de la cause identifiée, de l’âge, des antécédents, du bilan du couple et du projet de conception. Elle peut être médicale, chirurgicale ou relever de l’assistance médicale à la procréation.
Un traitement médical de la cause
Lorsque l’infertilité est liée à un trouble de l’ovulation, une stimulation ovarienne peut être proposée dans un cadre médical surveillé. Le traitement vise alors à favoriser l’ovulation en fonction du diagnostic posé.
Une maladie associée, comme une infection, un trouble endocrinien ou une pathologie gynécologique, peut également être prise en charge lorsqu’elle participe à la baisse de fertilité.
Une intervention chirurgicale dans certaines situations
La chirurgie peut être discutée lorsqu’une anomalie anatomique contribue aux difficultés à concevoir. Les situations concernées peuvent inclure certaines obstructions tubaires, des malformations utérines, des fibromes ou certaines formes d’endométriose.
La décision dépend de l’ensemble du dossier. Une intervention peut avoir un objectif différent selon la pathologie, les symptômes et le projet de grossesse.
Une assistance médicale à la procréation
L’AMP regroupe plusieurs techniques, dont l’insémination artificielle et la fécondation in vitro. Elle peut être envisagée lorsque les examens montrent une altération de la fertilité, lorsque les traitements précédents n’ont pas permis d’obtenir une grossesse ou lorsque la situation médicale le justifie.
Le choix de la technique et son calendrier relèvent d’une équipe spécialisée. Le bilan initial permet de déterminer si une AMP est pertinente et dans quelles conditions.
Dans quelles situations un second avis peut-il aider ?
Un second avis peut apporter un éclairage supplémentaire lorsque plusieurs causes sont possibles ou lorsque le bilan comporte des résultats difficiles à interpréter. Il peut notamment aider à mieux comprendre :
- le lien entre une pathologie connue et les difficultés à concevoir ;
- la place de l’AMH et des autres marqueurs de la réserve ovarienne ;
- les différentes options médicales, chirurgicales ou d’AMP ;
- les conséquences possibles d’une intervention sur le projet de fertilité.
Cette démarche ne remplace pas le suivi par le médecin ou l’équipe de médecine de la reproduction. Elle permet de relire le dossier avec un spécialiste et d’avancer avec une compréhension plus claire des options proposées.